Je sais, je sais ...
Vous êtes tous très impatients de voir sur ce blog les vidéos et les diaporamas qui ont fait le bonheur de ceux qui sont venus chanter, prier et célébrer avec nous le 6 février dernier à Thumeries. Moi aussi, j'aurai aimé vous les montrer mais voilà... d'abord, je suis parti en vacances (ça arrive à tout le monde, ou presque !) et ensuite, je n'arrive pas à mettre les fichiers en questions sur ce satané blog. C'est que je ne suis pas encore un expert de la chose, moi !...
Alors, il vous faudra patienter encore un peu.
Mais j'ai d'autres tours dans mon sac. Vous appréciez les célébrations "multi média" comme celle du 6/02, mais il m'arrive aussi de participer à des célébrations plus traditionnelles dans lesquelles on me demande parfois de "faire le diacre". Ca tombe bien puisque diacre, je le suis ! Alors , je propose à votre lecture l'homélie que j'ai prononcé le lendemain du samedi 6 (soit le dimanche 7 pour ceux qui auraient des problèmes de repérage dans le temps...) à Fretin lors de la célébration du Dimanche dit "de la santé".
Pour plus de clarté, je vous conseille de lire ou relire Luc 5, 1-11.
Bonne lecture et merci par avance de vos commentaires et encouragements
A bientôt
Pascal

''Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai horreur qu’on me dise ce que je dois faire. Rien ne m’énerve plus que d’entendre les conseils de celui qui ni connait rien. C’est pourtant le comportement de Jésus dans cet extrait de l’Evangile de Luc. « Avance au large, et jetez les filets » tel est l’ordre que ce Jésus, charpentier de son état à Nazareth, un village dans les collines d’où il vient d’être chassé sans ménagement, tel est l’ordre donc qu’il donne à des pécheurs professionnels installés au bord du lac de Tibériade depuis plusieurs générations…
Et le plus fort, c’est qu’ils lui obéissent. Mais pourquoi donc ?
C’est sans doute que l’enseignement qu’ils viennent de recevoir au bord du lac, leur à fait comprendre que cet homme, Jésus, est plus que ce que l’on connait de lui. Ce qu’il vient de dire, ce qu’il vient de faire, contre toute attente les amène à lui faire confiance c'est-à-dire qu’ils ont foi en lui (confiance et foi sont des mots de la même famille). Et même s’ils n’y croient pas vraiment, ils vont faire ce qu’il demande.
La confiance donc les entraine « à avancer au large ». Ils n’ont pas le choix : pas de pêche, pas de poisson et pas de poisson, pas de repas, et pas de repas : ... pas de repas !!! Avancer au large, c'est-à-dire, vers les eaux profondes. Là où on perd pied. Le large, c’est l’inconnu et l’inconnu fait peur… Jésus nous invite à la confiance en lui devant l’inconnu vers lequel nous sommes contraints d’avancer.
« Jetez les filets » A quoi bon puisqu’une nuit de pêche n’a rien donné ? Une fois encore la confiance en Jésus va conduire les pêcheurs à faire ce qu’il commande. Et ils en sont récompensés ; la pêche est plus que bonne : c’est l’abondance !!!
La confiance mène à l’abondance …

Je voudrai profiter de ce dimanche consacré au monde de la santé pour illustrer au travers une expérience professionnelle comment raisonne pour moi cette phrase : « avance au large et jetez les filets », comment la confiance peut mener à l’abondance.
Elle s’appelle Sophie. Elle travaille comme son mari pour un important groupe financier. Ils ont tous deux un poste à responsabilité comme on dit. Elle est maman de trois enfants. Et toute la petite famille habite une élégante résidence dans la banlieue lilloise. Le bonheur quoi ! Sauf que Louis, le petit dernier est comme une ombre à ce tableau idyllique. Louis ne fait pas tout ce que fait un enfant de son âge, ne comprend pas tout ce que comprend un enfant de son âge et, s’il va à l’école c’est plus pour y être (comme tout le monde) que pour apprendre… Louis est confié à notre équipe. Pour Sophie et son mari c’est un plongeon dans l’inconnu. "Mais qui sont ces gens qui prétendent s’occuper de notre fils ? Des professionnels, des techniciens ?" Ils pénètrent un monde qui leur est étranger. Mais ils n’ont pas le choix, on leur à dit que c’était nécessaire pour Louis. Nous tâchons d’instaurer entre nous une relation de confiance. Nous-mêmes, nous ne savons pas où nous allons avec cet enfant. Alors, ensemble nous embarquons. « Avance au large »
Et nous « jetons les filets » : en un mot, on se met au travail. Après plusieurs mois, Sophie envoie un mail à l’équipe dans lequel elle dit à quel point l’accompagnement de Louis, lui a permis de le redécouvrir, de parler de lui en termes de capacités, de possibilités et non plus en termes de manques ou de déficits. Elle continue en disant qu’elle s’est enfin sentie placée dans son rôle de mère, qu’elle s’est enfin sentie reconnue comme une bonne mère par le regard des professionnels. Elle conclue en exprimant son bonheur d’avoir trouvé sur son chemin une équipe tel que la notre en précisant qu’elle ne croyait pas cela possible dans un monde où la loi du plus fort prévaut. Je lui ai répondu que nous étions touchés par son message mais que nous n’avions fait que notre travail et qu'en plus nous sommes payés pour…

Sophie avait remonté ses filets et l’abondance était au rendez-vous…

Et que dire de nos filets à nous, professionnels, de quoi étaient-ils pleins ?

Nous avions été les témoins d’un passage d’une certaine forme de mort à une autre vie : un enfant qui évolue, une maman qui le découvre et se retrouve elle-même, une famille qui avance. Nous avions été les témoins d’une petite résurrection en somme. Avec en prime, la conviction que nous y avions notre part et qu’au-delà de notre vie professionnelle, notre vie tout court en aura été enrichie.

« Avance au large. Jetez les filets »
La confiance mène à l’abondance …

Pascal

Genech, le 6 février 2010''